mercredi 15 avril 2009

D'Ouessant à Compostelle. Jean-René marche d'île en île

14 avril 2009

D'Ouessant à Compostelle. Jean-René marche d'île en île
Après Ouessant, Molène, Sein, Jean-René Dagouat a fait une halte à Belle-Ile-en-Mer chez un ami marin, avant de poursuivre la route de Compostelle et traverser d'autres îles.

Photo Soisick Boulch

Chapeau noir, teint buriné, démarche assurée, Jean-RenéDagouat, passionné de patrimoine maritime, a choisi de faire le chemin de Saint-Jacques- de-Compostelle. À pied et en passant dans chaque île qui se profile à l'horizon.

Marin à ses heures, ce jeune retraité de la Caisse d'allocations familiales de Brest où il vit, est né sur le port, à Vannes, le jour de la Saint-Jacques. Marcheur invétéré, son nouveau périple le mènera au-delà de Saint-Jacques-de-Compostelle, jusqu'à Moros, en Galice. «Je suis parti le 9mars d'Ouessant. Je longe la côte par les sentiers douaniers tant que c'est possible», explique Jean-RenéDagouat. «Et je m'arrête dans toutes les îles si je trouve un passeur ou une liaison régulière». À ce jour il a parcouru 456km. Cet ancien scout marin a beaucoup navigué dans les eaux insulaires de Bretagne. «Elles étaient et sont toujours mon terrain de jeux». Avec l'autorisation de la préfecture maritime, ce marin fait tamponner son «passeport» auprès de tous les sémaphores rencontrés, sans oublier les capitaineries, les bateaux et même les musées. Des cachets qui tracent la route. Tout est mentionné sur son carnet de voyage: les rencontres avec la nature mais aussi avec le patrimoine et surtout les échanges avec les hommes et les femmes croisés au détour d'une fontaine, d'un sentier ou sur un navire. «Beaucoup m'accompagnent un bout de route».

«Ce voyage n'a rien de spirituel»

Sportif accompli, Jean-René a bien préparé ce voyage: 25km par jour d'entraînement, deux fois par semaine. «C'est le rythme que je dois maintenir, pour arriver en Galice comme prévu le 4juillet prochain». Homme de contact, il participe activement à l'association des marins du patrimoine. Il a aussi présidé l'association du Lougre de l'Odet qui a permis la mise à l'eau du Corentin. Jean-René manoeuvre également une yole, canot à misaine, construit aux chantiers du Guip, à l'Ile aux Moines. «Ce voyage n'a rien de spirituel», poursuit Jean-René Dagouat qui parle l'espagnol couramment. «En 2002, j'avais fait une partie du chemin et il fallait que je le réalise pleinement». Sac à dos, tente légère, il va d'un pas sûr, avec à la main «Velleda», en bois de noisetier et liane de chèvrefeuille ancrée, le tout retravaillé comme une sirène de mer. Sa fidèle canne ornée de la coquille doit le conduire au rassemblement traditionnel des bateaux de Galice, à Moros.