vendredi 10 avril 2009

Le parc marin fait grogner la plaisance



La pêche de loisirs représenterait 2 % seulement des captures des professionnels. :







Thierry Creux

jeudi 09 avril 2009

Les pêcheurs de loisirs craignent que la multiplication des aires protégées menace leur activité.
« Ce que l'on nous propose dans le parc naturel marin d'Iroise n'est pas acceptable, s'inquiète Jean Kiffer, qui préside la Fédération nationale des pêcheurs plaisanciers. Le directeur du parc nous parle de permis de pêche, d'enregistrement des captures, de quotas... »

Jusqu'à présent intéressé par le parc marin, Jean Kiffer était très remonté, le week-end dernier, lors de l'assemblée générale de sa fédération (30 000 adhérents) à Saint-Brice-en-Coglès (Ille-et-Vilaine). « D'autres aires marines protégées sont en train de se créer. Nous nous mobilisons pour que la gestion envisagée dans le parc d'Iroise ne se généralise pas ailleurs . »

Autre pomme de discorde : la Fédération s'estime sous-représentée avec un seul membre au conseil du Parc naturel d'Iroise alors qu'une autre fédération, « très peu présente en Bretagne », siège au bureau.

« Nous ne sommes pas contre les aires marines protégées, explique-t-il. À condition qu'on puisse en faire un outil de concertation et d'expérimentation. Par exemple, pourquoi ne pas y instituer une zone pilote pour l'application de la nouvelle charte pêche responsable prévue par le Grenelle ? »

Même mobilisation face à la commission européenne. Elle prépare un règlement instituant des quotas de pêche de plaisance déductibles de ceux des professionnels : « Un bon moyen pour semer la zizanie en mer, peste la Fédération. Si nous avions été plus présents à Bruxelles, le projet ne serait pas peut-être pas allé aussi loin. »

La Fédération envisage donc d'adhérer à deux organisations très présentes auprès des institutions européennes : l'European Angling Association et la Fédération méditerranéenne pour une pêche responsable.

Ports trop chers

Grosse colère, enfin, contre des ports de plaisance qui augmentent leurs tarifs de 10 %, parfois 15 %, dans les Côtes-d'Armor, la Manche en Méditerranée, etc. « Jusqu'à 50 % en quelques années parfois, s'inquiète Jean Kiffer. On exclut les petits plaisanciers. À Saint-Mandrier dans le Var, une association a obtenu gain de cause devant les tribunaux contre le gestionnaire du port. Nous plaiderons aussi. Et si un port qui applique des augmentations excessives essaie d'organiser des manifestations nautiques, prévient le président de la Fédération,... on les perturbera. »


Raymond COSQUÉRIC.

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