23 juin 2009
Brest et son air pur du large... La pollution atmosphérique vient aussi de la mer. Mais que sait-on au juste des émissions de dioxyde de soufre produites par les navires marchands et militaires?
Le Grenelle de la mer, qui se décline aujourd'hui, au parc des expositions de Penfeld, abordera-t-il la question des émissions polluantes des navires civils et militaires qui croisent au large ou font escale à Brest? Entre 200 et 250 navires marchands contournent tous les jours la pointe bretonne, pour quitter la Manche ou y entrer. La réglementation prévoit que les navires civils brûlent un combustible plus propre, dès lors qu'ils quittent l'océan Atlantique. «Le basculement s'effectue en règle générale à hauteur de Porspoder», explique-t-on au centre de sécurité des navires de Brest. Les équipages sont chargés de changer de cuve d'alimentation, afin de libérer moins de dioxyde de soufre dans l'atmosphère. Brest, sa rade, son goulet et une bonne partie de la mer d'Iroise ne sont donc pas concernés par cette mesure de protection.
Pauvres moyens de contrôle
Un navire qui vient en escale à Brest continue donc de brûler son fioul lourd. Quasiment en centre-ville, ces émissions étant portées par les vents dominants. Comment s'assurer que les navires marchands basculent bien d'un fioul à l'autre une fois passé Ouessant? Il existe peu de moyens de contrôle effectifs, à part les visites portuaires des agents du centre de sécurité des navires. Les inspecteurs s'assurent, au travers des documents du bord, que la manipulation a bien été effectuée et que la quantité de fioul appauvri en soufre est suffisante jusqu'au prochain port ou qu'elle a été réellement consommée depuis la dernière escale. Concernant la qualité d'émission des moteurs, il n'existe, pour le moment, aucun moyen de contrôle et encore moins de capteurs dans les cheminées. Les inspecteurs se contentent des certificats de conformité fournis par les motoristes et des documents délivrés à la mise en service du navire. Un peu comme si, pour notre voiture, on se basait essentiellement sur les certifications du constructeur, remises à la livraison. La notion de contrôle technique n'est pas près d'exister en mer. Même si les gardes-côtes danois sont peut-être, actuellement, en train de développer une caméra susceptible d'évaluer la qualité d'émission des navires croisant dans leurs eaux.
Les militaires exonérés
À ces moyens fort limités de vérification du niveau effectif de pollution atmosphérique, s'ajoute le statut très à part des navires militaires. Ces derniers, quelle que soit leur nationalité, échappent à tous les contrôles en vigueur pour les navires marchands. Certes, la marine française ne brûle plus de fioul lourd depuis le Duquesne, le Suffren, le Foch et le Clemenceau mais connaît-on précisément le niveau de pollution de sa flotte vieillissante? Aucun contrôle n'est pratiqué non plus sur les unités étrangères qui disposent de la même impunité que les navires militaires français, propriétés d'un État à l'origine de ce Grenelle de la mer.
Stéphane Jézéquel
mercredi 24 juin 2009
Pollution de l'air. Les bateaux aussi
Publié par
Andréas Guyot.
à l'adresse
24.6.09
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