dimanche 13 septembre 2009

«Finistériens». Le retour de Miossec [Vidéo]

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Le septième album de Christophe Miossec, «Finistériens», sort lundi. Un opus resserré, intense, co-composé avec un partenaire unique: Yann Tiersen.

Depuis la sortie de «Boire» en 1995, Christophe Miossec a chamboulé le paysage de la chanson française avec son écriture poétique à vif. Chacun de ses albums est devenu une référence. Sorti chez PIAS France, son septième opus sera disponible lundi. Un disque, cette fois, construit à deux, avec le musicien Yann Tiersen. Son nom: «Finistériens». «Le titre tombait sous le sens, confie Christophe Miossec. Yann est né à Brest, moi aussi. Le fait que je sois revenu vivre au bout du Finistère a également joué. Et puis c'est un joli mot. On n'a pas passé des nuits à gamberger».

Tension retenue

Un sens de l'évidence qui a marqué toute la réalisation de l'album. Dès que Yann Tiersen a proposé à Christophe Miossec de faire un disque ensemble, celui-ci a acquiescé, sans autre forme de discussion. «Mais je ne pensais pas que ça se passerait comme ça, rapporte-t-il. J'imaginais monter un groupe. Seulement, Yann a dit, non, on le fait vraiment à deux! Je savais qu'il jouait de nombreux instruments, mais quand même pas à ce point-là. Où il m'a bluffé, c'est lorsqu'il s'est mis aussi à la batterie!». Yann Tiersen a habillé les mots de son ami d'un pop-rock mélodique, où intros de piano, harmonies de cordes et gimmicks de guitare électrique naviguent entre mélancolie et tension retenue. Les chansons ont pris forme au studio parisien de Yann, celui d'Ouessant, pressenti au départ, ne disposant pas encore du matériel suffisant. Christophe Miossec a amené des paroles et des notes et ciselé d'autres textes sur les thèmes qu'apportait Yann Tiersen. «J'aime bien écrire sur une musique, avoue le chanteur. Je ne le vis pas comme une contrainte. C'est même mieux, on sait dans quelle direction aller». Les directions qu'il a empruntées dans «Finistériens» l'éloignent parfois de son registre habituel. «Je n'avais pas envie de revenir à mon fonds de commerce du bluesman malheureux, sourit-il. C'est facile de radoter. J'ai essayé de diversifier le propos».

Onze chansons

Sur les onze chansons de l'album, le sentiment amoureux demeure une source d'inspiration vive. Parce qu'il permet d'éclairer au plus profond l'âme humaine. Miossec chante la rupture, subie (avec rage dans «A Montparnasse»), ou choisie (la fuite sans désespoir de «Seul ce que j'ai perdum'appartient à jamais»). L'usure des vieux couples s'exprime à travers plusieurs morceaux: «Nos plus belles années»; «Fermer la maison», qu'il avait d'abord prévu pour Alain Bashung; «Hais-moi», avec son refrain «L'amour et la haine ne font qu'un parfois».

Dimension sociale

Le chanteur livre aussi des interrogations: sur la quête de chacun («Les joggers du dimanche»), sur l'avenir dans sa chanson «C.D.D.». Elle ouvre sur un inquiétant: «Jusqu'à présent, tout va bien». Autre titre à dimension sociale, «Les chiens de paille» plonge dans les tourments d'employés au bout du rouleau. Sans lourdeur, ni pathos. L'écriture de Miossec est trop fine et sensible pour enfoncer des portesouvertes. «Depuis le début, j'essaie de faire des chansons sociales, mais c'est super casse-gueule, commente-t-il... Il faut vraiment trouver un angle pour éviter une certaine démagogie. Je préfère le filigrane ou l'arrière-plan». Parsemés d'images fulgurantes, les mots de Christophe Miossec puisent ici leur force dans leur concision et leur simplicité. «Le fait d'avoir travaillé à deux donne quelque chose de très compact.J'ai l'impression que si on n'aime pas une chanson, on n'aimera pas l'album», pronostique-t-il. Mais si on en aime une...

Frédéric Jambon