mardi 16 mars 2010

Trophée Jules-Verne En ballottage très favorable

Thomas Coville
à la barre dans
les alizés:
ça va vite!














Photo DR:

Le Télégramme, 16 mars 2010, Philippe Eliès. Cliquez sur le titre pour lire la source

Profitant d'un Pot au Noir aux abonnés absents, «Groupama 3» cavale dans les alizés et son retard son «Orange 2» se comble d'heure en heure. Cammas et ses équipiers sont attendus ce week-end à Brest.

De 473 milles de retard vendredi dernier, le trimaran vert en avait encore 405 milles dimanche et seulement 177 milles, hier à 20h. Soit 200 milles de gagnés en 24h! Les raisons de ce retour canon? Un Pot au Noir inexistant, des alizés de nord-est bien présents et... la pire journée de «Orange 2» en 2005. En effet, pour son 43e jour de mer, Peyron et son équipage n'avaient parcouru que 180 milles en 24h.

«On va vite sans effort»

Avec un vent chaud de 15 noeuds, sur une mer très peu formée, à 80° du vent, le trimaran allonge la foulée. Avec aisance. «On va vite, sans effort et sans violence pour le bateau», expliquait, hier midi, Frédéric Le Peutrec à la vacation radio. Vite, cela veut dire «30 noeuds». A ce rythme, les milles défilent vite, les sourires reviennent et la tension du bord s'évacue plus facilement. Même si tous les marins de la planète savent qu'il ne faut jamais crier victoire tant que la ligne d'arrivée n'est pas franchie, à bord de «Groupama 3», ça commence à sentir bon le record. «On imagine arriver le week-end prochain». Et Le Peutrec de se remémorer le départ de Brest, un week-end également. Dans une fenêtre météo hasardeuse. «En partant, on avait à l'esprit qu'il était possible que l'on fasse demi-tour dès le cap Finisterre. Aussi, je suis super content qu'on en soit là aujourd'hui, dans les temps. C'est même au-delà de nos espoirs!»

Seul, c'est mieux!

Autre motif de satisfaction pour le chef de quart du géant vert, le fait «d'avoir rusé nos adversaires et de les avoir laissés sur le quai. Ça n'aurait pas été la même histoire s'il y avait eu Banque Populaire sur l'eau et si on avait été obligé de répondre à leurs attaques. L'émulation n'aurait pas été la même». Seul en piste, l'équipage de «Groupama 3» n'a eu à se préoccuper que de sa trajectoire. De sa météo. Et de sa monture surtout. Ce qui est plus simple à gérer. Car l'histoire a démontré qu'à chaque fois qu'il y a eu duel dans le cadre du Trophée Jules-Verne, ça s'est mal terminé pour l'un des protagonistes. Kersauson, Peyron et Blake l'ont appris à leurs dépens.

Samedi soir à Brest?

Pour autant, le simple fait de partir seul ne garantit pas qu'il y aura un record au bout. Aucun équipage n'a remporté le Trophée Jules-Verne à son premier essai. Cammas en est à sa troisième tentative. Celle-ci pourrait être la bonne. Ce qui ne serait que justice tant le skipper de «Groupama 3» a fait preuve de persévérance. A 2.700 milles de l'arrivée, le record lui tend les bras. A condition de ne pas casser - «on a toujours peur du pépin», dixit Le Peutrec- et d'éviter un dernier obstacle qui se matérialise sous la forme d'une dorsale anticyclonique. Cette barrière va se présenter aujourd'hui sur la route du géant. Après ce ralentissement attendu, des vents de sud-ouest vont pousser, en route directe, Cammas et sa bande vers Brest. Où ils sont attendus au mieux samedi soir. Au pire, dimanche. Dans les deux cas, avec le record dans la poche du ciré.

Philippe Eliès