dimanche 11 avril 2010

Le Dandy ManchÔt s'inspire de Molène.

Surnommés
« les Mardi-Gras »
par les insulaires,



les cinq de la compagnie
Jérémie Steil,
Christophe Nozeran,
Olivier Maxch,
Sylvestre Mignot
et Bouèb,

samedi 10 avril 2010, cliquez sur le titre pour lire la source.

Surnommés « les Mardi-Gras » par les insulaires, les cinq de la compagnie Dandy ManchÔt : Jérémie Steil, metteur en scène, Christophe Nozeran, technicien, Olivier Maxch, Sylvestre Mignot et Bouèb, comédiens. Ils ont préparé, pendant quinze jours, leur création antimilitariste « Secteur postal 212 » sur l'île Molène.

En résidence, la compagnie d'arts de la rue a adapté sa fiction « Secteur postal 212 » à la réalité de l'île. Sa présentation a lieu aujourd'hui à 16 h 16.
« J'avoue, à mon arrivée, j'ai paniqué, reconnaît Jérémy Steil, directeur de la compagnie Dandy ManchÔt, en résidence depuis quinze jours sur l'île Molène. Fondé sur le retour aux racines, notre spectacle itinérant Secteur Postal 212 part du principe que chaque village possède un arbre remarquable. Autour duquel on bâtit notre scénographie. Il n'y a pas vraiment d'arbre à Molène. Les seuls qui convenaient se trouvaient en plein vent, ou au centre de minuscules jardins. »

La première leçon assimilée, « accepter que, sur une île, les choses se passent lentement », le Dandy ManchÔt s'est attelée à l'objet de son séjour : en respectant l'intimité des insulaires, « à la fois accueillants et réservés », collecter des souvenirs « invisibles » sur Molène, se nourrir de l'histoire de l'île et de la mémoire de ses habitants.

« En dix ans, les résidences du Fourneau, centre national des arts de la rue basé à Brest, sont entrées dans les moeurs à Molène, note Philippe Richard, le secrétaire de mairie. La preuve : je ne joue plus le rôle du passeur entre l'indigène et l'artiste ! Ils se débrouillent seuls. »

« Transe-mission »

Installée à La Chimère, ancien bar-resto mythique « monté par Zoggia, un maçon italien qui avait fui le fascisme », la compagnie a partagé avec les îliens, au bar de l'Archipel, son travail sur la « transe-mission » d'émotions de génération en génération : « J'ai deux arrières grands-pères qui ont fait la guerre 14-18, chacun dans un camp opposé, confie Jérémy Steil. Leurs lettres m'ont bouleversé. Que m'ont légué ces deux ennemis innocents d'une même famille ? »

Ces questions entrent en résonnance avec les témoignages recueillis sur Molène et inclus au spectacle : « Notre pièce est basée sur l'absence et la correspondance. L'expérience des femmes de marins est connue. Mais celle de Josette, cette Molénaise à laquelle le mari écrivait pour qu'elle apprenne à lire, l'est moins. »

Dans la pièce, Bouèb (Stéphane Guiral) joue Samuel le facteur, une figure locale, « une pièce rapportée », qui rend service à l'équipe du secteur postal 212 : « On a intégré notre fiction à la réalité de Molène, raconte le comédien. Gérard Caraven, le gardien du musée, nous a littéralement plongés dans l'histoire de l'île. Quel initiateur remarquable ! J'étais à deux doigts de lui refiler mon rôle ! »


Frédérique GUIZIOU