dimanche 13 juin 2010

Ils seront rejoints par les 124 "hommes valides" de l'île de Sein une semaine après l'appel.

Du 17 juin au 18 juin 1940, de la résignation à l'espoir








Cliquez sur le titre
por lire la source.
(Légende de la photo):


(L'appel du 18 juin reste pourtant l'acte de fondation de la France Libre par un homme seul, de Gaulle, qui s'oppose à tous les responsables politiques et militaires français, armé de sa seule vision prophétique que le conflit va devenir "une guerre mondiale").


De l'allocution du maréchal Pétain le 17 juin 1940 à midi annonçant aux Français la demande d'armistice, à l'appel à la résistance du général de Gaulle le 18 juin dans la soirée depuis Londres: le destin de la France s'est joué en une trentaine d'heures.

17 juin 1940. Philippe Pétain vient d'être nommé président du Conseil après la démission de Paul Reynaud. L'armée française, qualifiée quelques mois auparavant de "première armée du monde", a été laminée en six semaines par la guerre éclair des divisions blindées allemandes. Plus de 90.000 soldats français ont péri.

La débâcle est totale: 1,5 million de soldats français sont faits prisonniers, six millions de civils errent sur les routes fuyant l'avance allemande. Les erreurs tactiques et stratégiques du haut commandement français et un matériel insuffisant, souvent dépassé ou mal utilisé, ont provoqué l'une des plus graves défaites de l'histoire.

Réfugié à Bordeaux, le gouvernement hésite entre la poursuite de la guerre en Afrique du Nord et la demande d'armistice défendue par les "flanchards" comme les désigne le sous-secrétaire d'État à la guerre Charles de Gaulle.

À 12h30, le maréchal Pétain, 84 ans, dit d'une voix chevrotante: "C'est le coeur serré que je vous dis aujourd'hui qu'il faut cesser le combat". La majorité des Français accueillent ce discours avec soulagement.

Quelques Français pourtant se disent "révulsés" comme Germaine Tillion, cofondatrice quelques semaines plus tard du premier réseau de résistance. Le soir même, Daniel Cordier, jeune maurrassien et futur secrétaire de Jean Moulin, rédige à Pau un tract "contre le traître Pétain". Le démocrate-chrétien Edmond Michelet et le communiste Charles Tillon font de même à Brive et à Bordeaux.

Dans l'après-midi sur l'aéroport de Bordeaux, le général de Gaulle, farouche opposant à l'armistice, embarque dans un avion britannique. "Dans ce petit avion, écrira Winston Churchill dans ses Mémoires de guerre, de Gaulle emportait avec lui l'honneur de la France". À son arrivée, il prend connaissance du discours de Pétain que l'armée allemande rediffuse régulièrement en France.

18 juin 1940. À Londres dans la matinée, de Gaulle rédige une proclamation aux Français qu'il montre à Churchill. Le cabinet de guerre britannique et Churchill l'autorisent à l'enregistrer à 18h00 à la BBC. "Moi, général de Gaulle actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent à Londres à se mettre en rapport avec moi". Dans son allocution, diffusée à trois reprises dans la soirée, le futur chef de la France Libre, assure: "Quoiqu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas".

De Tanger à 23h00, le capitaine Charles Luizet, futur préfet de police de Paris à la Libération, câble au général Gaulle qu'il se met à sa disposition.

L'allocution est reproduite par la presse anglaise et par certains journaux français dans des régions non atteintes par l'armée allemande. Mais la portée de cet appel et de ceux des semaines suivantes restent infimes.

Sur les quelques dizaines de milliers de soldats français, revenant de l'expédition franco-britannique de Narvik ou évacués de la poche de Dunkerque, moins de deux cents resteront avec de Gaulle. Ils seront rejoints par les 124 "hommes valides" de l'île de Sein une semaine après l'appel.

L'appel du 18 juin reste pourtant l'acte de fondation de la France Libre par un homme seul, qui s'oppose à tous les responsables politiques et militaires français, armé de sa seule vision prophétique que le conflit va devenir "une guerre mondiale".

Aucun commentaire: