vendredi 25 juin 2010

Le NSRS, premier système européen de sauvetage de sous-marins

Le Submarine
Rescue Vehicle (SRV)
du système NSRS





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JEAN-LOUIS VENNE


Du 17 au 25 juin, l'exercice « Soleil du Sud » a permis de qualifier le bâtiment d'assistance, de soutien et de dépollution (BSAD) Jason à la mise en oeuvre du Nato Submarine Rescue System (NSRS), développé par la France, la Grande Bretagne et la Norvège. Premier dispositif européen de sauvetage de sous-marin, le NSRS a été conçu pour pouvoir porter assistance à un bâtiment en détresse partout dans le monde, en moins de 72 heures.
L'idée de réaliser un tel engin est née dans les années 90 au sein de l'OTAN, lorsque les Etats-Unis ont annoncé leur intention de désarmer les Deep Submergence Rescue Vehicle (DSRV) Avalon et Mystic. Auparavant, des pays comme la France avaient, en effet, conclu des accords avec les USA afin de pouvoir disposer, en cas d'accident sur un de leurs sous-marins, des DSRV de l'US Navy.
Des essais avaient d'ailleurs eu lieu à Brest en 1994 et 1999, le Mystic étant à l'époque embarqué sur le sous-marin nucléaire lanceur d'engins Le Tonnant (qui servait de bâtiment porteur). Après une étude de faisabilité démarrée en 1996 et une phase de définition débutée en 2000, le NSRS a été lancé en 2003.
Ce programme tripartite, d'un coût d'environ 170 millions d'euros, est porté par la Direction Générale de l'Armement (DGA) et ses homologues britannique (DE&S) et norvégienne (NDLO). La conception et la réalisation du système ont été confiées à Rolls-Royce, qui a réalisé le NSRS au Royaume-Uni et le met désormais en oeuvre, pour le compte des trois pays, depuis la base des sous-marins britanniques de Faslane, en Ecosse.

Des interventions jusqu'à 610 mètres de profondeur.


L'ensemble du système NSRS pèse la bagatelle de 300 tonnes. Le principal élément du dispositif est le sous-marin de sauvetage (Submarine Rescue Vehicle - SRV). D'une longueur de 8.3 mètres pour une largeur de 3.5 mètres et une masse de 30 tonnes en plongée, le SRV est doté de deux propulseurs alimentés par des batteries Zebra (Rolls-Royce).
Un câble ombilical en fibre optique permet de transmettre en temps réel communications, informations et images, auxquelles il faut ajouter un téléphone sous-marin en secours. Opérant à une vitesse de 4 noeuds, le NSRS peut intervenir jusqu'à des profondeurs de 610 mètres.
Il s'agit là d'un compris entre le coût du système et les probabilités d'intervention. Un certain nombre de sous-marins peuvent, en effet, plonger jusqu'à 1000 mètres (voire plus). Toutefois, si le bâtiment « coule » en dehors du plateau continental ou de hauts fonds, sa perte est assurée car le fond de l'océan se trouve à plusieurs milliers de mètres.
Il n'y aura donc plus personne à aller sauver. Le système de sauvetage européen tient compte de cette donnée, tout en présentant des capacités d'immersions importantes par rapport à des plateaux continentaux comme le golfe de Gascogne, qui ne plonge qu'à environ 250 mètres. « Il fallait fixer des limites.
Si nous étions, par exemple, passé de 600 à 700 mètres, il aurait quasiment fallu changer de technologie de coque pour le SRV et le coût aurait pu être bien plus élevé », explique-t-on à la DGA.

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