
15 septembre 2010
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Depuis quelques semaines, des pêcheurs du Conquet critiquent le fonctionnement de la criée de Brest. Équipement où ils livrent régulièrement le produit de leur pêche. Une pétition circule actuellement sur les quais.
Depuis quelques semaines, le torchon brûle entre les patrons conquetois et la criée de Brest. «Le fonctionnement de l'équipement ne nous satisfait pas, explique Lionel Le Person, patron d'un fileyeur à l'origine de la pétition.
Un camion assure la collecte de notre pêche pour la livrer sur Brest. Quand on a un peu de retard, il ne nous attend pas. Seule solution alors, prendre la route pour rejoindre la criée. Il faut quarante-cinq minutes environ. Sachant qu'on n'a pas de machine à glace sur le port, on risque de tout perdre. La marchandise peut virer pendant le transport».
«Pas assez de vente»
Autre critique: la fréquence des ventes qui, selon les patrons, n'est pas assez soutenue. «Certaines semaines, il faut attendre trois, voire quatre jours pour que le poisson soit présenté aux acheteurs.
Des délais trop longs qui font qu'on peut se retrouver avec des caisses de déclassés sur les bras», ajoute un autre professionnel. Les pêcheurs se plaignent aussi de la mortalité anormalement élevée des crabes placés en viviers à Brest. «Elle peut atteindre 70%.
C'est énorme». Cette grogne a incité, l'hiver dernier, plusieurs patrons à livrer le produit de leur pêche à Concarneau, à 120km de là. «Là-bas, contrairement à Brest, la criée est ouverte presque tout le temps. De son côté, le port cornouaillais ne boude pas son bonheur d'accueillir de nouveaux arrivants. Tant la chute des apports a été vertigineuse ces dernières années.
À la criée de Brest, Ronan Le Floch, le directeur, dit entendre toutes ces critiques. Il soutient que le camion de collecte quitte Le Conquet après 18h30. «Il est là depuis 14h. Je trouve que ces horaires sont corrects».
Le froid pour bientôt
Concernant la fréquence des ventes, Ronan Le Floch explique que tout est fonction des apports. «La semaine prochaine, par exemple, une vente est prévue tous les jours, du lundi au vendredi. Pour que les choses avancent, il faut que les pêcheurs fassent preuve d'organisation. Une quarantaine de bateaux livrent ici
régulièrement. Certains, encore, ne préviennent pas de leur arrivée. Difficile de faire du prévisionnel. D'autant que le nouveau système d'informatisation de la criée porte ses fruits. On a de nouveaux acheteurs réguliers. Et du prix». Emmanuel Kelberine, président du comité local des pêches du Nord-Finistère, tente, lui aussi, de calmer le jeu. «Le service rendu par la criée n'est pas négligeable. Même si des choses restent perfectibles. Je reste persuadé que seule la discussion peut régler les problèmes». Notamment celui de la mortalité des crustacés. «Les chiffres avancés sont énormes. Quoi qu'il en soit, il faudra se pencher sur la question». À la chambre de commerce et d'industrie, Anouk Douceux, coordinatrice des ports d'Iroise, annonce que les Conquetois vont bientôt bénéficier d'une chambre froide et une machine à glace. Nous étudions actuellement le financement de ces équipements.» Montant de la facture: plus de 600.000 euros.
Didier Déniel
mercredi 15 septembre 2010
Fronde des pêcheurs du Conquet contre la criée de Brest
Publié par
Andréas Guyot.
à l'adresse
15.9.10
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