samedi 25 septembre 2010

Parc marin. Recherches pétrolières au menu!

C'est le rail d'Ouessant qui a été envisagé par une société anglaise pour y mener des recherches pétrolières. Photo archives Eugène Le Droff
25 septembre 2010; cliquez sur le titre pour lire la source.

Deux ans après sa création par décret, le parc naturel marin d'Iroise s'apprête à vivre, mercredi, une première phase décisive: l'adoption de son plan de gestion. Patiemment mis au point par la cinquantaine de membres du conseil de gestion (élus, collectivités locales, scientifiques, associations, pêcheurs...), ce document va définir le premier plan d'actions du parc, sur quinze ans, pour concilier protection de l'environnement et activités humaines. «Mais comme rien ne peut être figé sur une telle durée, nous réactualiserons ce plan de gestion chaque année», annonce Pierre Maille, le président du parc marin. En soulignant au passage qu'il a accueilli, ces derniers temps, de nombreuses délégations de régions ou territoires français (Mayotte, Pyrénées orientales, Nord, Landes...), tous candidats à la création éventuelle d'un parc marin dans leur zone.


Un avis décisif
Après l'adoption du plan de gestion, les membres du conseil du parc auront à se prononcer sur une demande émanant d'une société anglaise qui souhaite mener des recherches pétrolières, au large d'Ouessant. Ce n'est certes pas la première fois qu'une société sollicite un permis de prospection au large de la Bretagne. Mais c'est bien la première fois que la réponse n'appartient pas exclusivement aux services de l'État. Le parc marin a désormais voix au chapitre sur les décisions susceptibles d'impacter l'espace maritime de la mer d'Iroise. «En l'occurrence, il s'agit même d'un avis conforme», précise Pierre Maille. Autrement dit, si le parc répond non, la demande n'ira pas plus loin et le dossier sera clos. La préfecture maritime, pour sa part, a déjà donné un avis négatif sur cette demande de prospection, la zone en question étant située dans le rail d'Ouessant où passent de multiples bateaux de surface. Et quelques sous-marins...

Limitation sur la bolinche
Le parc marin a déjà eu l'occasion de donner des avis conformes sur l'exploitation de sables coquilliers ou les permis de pêche à la bolinche dans la zone du parc. «Nous avons limité à vingt ces permis, en refusant de monter à trente, comme le demandaient les pêcheurs», indique Pierre Maille. Mais jusqu'où ira le périmètre des avis du parc marin? Faudra-t-il prochainement solliciter un avis conforme du parc pour, par exemple, une création d'élevage porcin en zone littorale? «Non, tranche Pierre Maille. Bien que la qualité des eaux du parc soit dépendante de nombreuses activités terrestres, nous n'en sommes pas là. Mais il faut que les administrations sachent toutes que le parc existe et que notre avis est parfois impératif». Certaines administrations doivent donc veiller à ne pas faire l'impasse sur le parc, au risque de contentieux pour vice de procédure, faute d'avoir sollicité un avis désormais incontournable.

R.P.