mercredi 13 octobre 2010

Ouessant. L'ancien adjoint émigre «chez» Jean Ferrat.

Louis et Malou sont des habitués de l'hôtel-restaurant «La Montagne» que Jean Ferrat avait acheté à son arrivée en Ardèche. Photo Gérard Classe.

13 octobre 2010, cliquez sur le titre pour lire la source.
La retraite venue, l'ex-maire adjoint d'Ouessant (29), Louis Ticos, et son épouse, quittent l'île pour la montagne. Celle d'Antraïgues où, pendant plus de dix ans, ils ont côtoyé leur ami Jean Ferrat.

Né à Ouessant (29) il y a 62 ans, Louis Ticos a tracé le même sillon que beaucoup d'îliens. Celui des navires marchands au long cours, avant de continuer sa carrière au service maritime du Finistère. Viscéralement attaché à cette «terre de mer» qu'est Ouessant, il s'y est aussi investi comme conseiller municipal, avant d'en être adjoint au maire jusqu'en 2008. Mais ses échappées ardéchoises se font de plus en plus longues, présage d'un avenir qui pourrait s'enraciner ici, à 500 mètres au-dessus du niveau de la mer, là «où la Montagne est belle...». Louis s'est posé sur ce bout de terre par hasard. C'est plus tard qu'il y rencontrera Jean Ferrat et qu'il sera «intégré au village». Malou, sa femme, ancienne gérante du bar «Le Lotus», à Brest, raconte: «Subjuguée par une émission télévisée sur l'Ardèche, j'ai proposé à Louis d'y aller pour les vacances. Nous avons donc ouvert le guide des gîtes ruraux à la lettre ?A ?, et c'est tombé sur Antraïgues».

Le régisseur de Ferrat
Le hasard fit que le gîte en question appartenait à l'ancien chanteur Jacques Boyer, régisseur de Jean Ferrat. «Nous y étions tellement bien, dans ce village, que nous y sommes revenus tous les ans». D'autant que des liens d'amitié se sont très vite créés avec les habitants du coin. Parmi eux, le chantre de La Montagne:
«Il nous recevait de temps à autre chez lui. Mais les moments forts demeureront nos parties de boules sur la place. À la longue comme à la pétanque, équipier ou adversaire, Ferrat détestait perdre.
Si ça lui arrivait, il enrageait!», se souvient Louis Ticos, fier d'avoir fait venir l'exposition «Jean des Encres, Jean des Sources», en 2004, à Ouessant. 
Consacrée, grâce aux «Amis de l'Huma», à l'oeuvre et à la vie de l'artiste, elle est restée installée un mois sur l'île. Période durant laquelle le couple tiendra l'entrée à tour de rôle. «Jacques Boyer avait même convaincu Jean de se rendre incognito à Ouessant. Il a malheureusement été victime d'un accident au même moment».

Derniers jours à Ouessant
«Nous sommes alors allés chez lui, pour lui remettre l'épais livre d'or de l'expo, ce qui l'avait beaucoup touché». Très éprouvés par le décès de leur ami, qu'ils appréhendaient («Il ne quittait plus son domicile depuis trois ans»), Louis et Malou Ticos venaient tout juste de revenir à Ouessant lorsqu'ils ont appris la nouvelle au téléphone, par un commerçant de Vals-les-Bains, près d'Antraïgues. «Nous avons donc suivi ses obsèques à la télévision, en reconnaissant les amis du village». Ces amis-là, le couple Ticos les retrouvera donc définitivement dans les semaines à venir. 
La maison d'Ouessant bientôt vendue, le gîte les accueillera une dernière fois avant l'achat définitif de leur maison de montagne. Le choix est ainsi fait, «Des genêts de Bretagne aux bruyères d'Ardèche («Ma France», Jean Ferrat).

Gérard Classe