Je m'appelle Georges-Albert Delaselle, né le 18 mars 1861 à Paris (3 e ), j'habite Ker Nevez, sur l'île de Batz. Je n'ai plus de famille
Ainsi était libellé un billet découvert en possession de celui que l'histoire îlienne avait baptisé le maître de Penn Baz.
Il y a 150 ans naissait Georges Delaselle
Pour les 150 ans de la naissance du créateur de l'endroit qui porte désormais son nom, l'association des Amis du jardin se prépare à célébrer celui qui durant 30 ans, de 1898 à 1918, à force d'acharnement, avait relevé le défi d'acclimater des plantes exotiques sur l'île de Batz, « l'île sans arbres ». À bout de fatigue, ruiné, Georges Delaselle avait dû vendre son domaine en 1939 pour se retirer dans sa maison de Ker Nevez, où il s'est éteint le 29 janvier 1944.
Les visiteurs, aujourd'hui, peuvent juger de la réussite du défi que s'était lancé cet homme, défi relayé depuis 1987 par une poignée de passionnés qui durant plusieurs années, avec du cran et de l'obstination, ont consacré leur énergie à réhabiliter l'endroit.
Propriété du conservatoire du littoral
En 1997, 100 ans après le début de l'aventure, le conservatoire du littoral est devenu propriétaire du jardin, garantissant par là même son inaliénabilité. Depuis 2008, ainsi qu'il l'avait souhaité, Georges Delaselle, le maître de Penn Baz, est de retour dans son jardin, il y repose désormais au « Calvaire ».
2010 : record de fréquentation
L'année 2010 fut pour le jardin l'année des records : 31 157 visiteurs, en augmentation de 9,4 % et une journée mémorable le 5 août avec 673 visites. Dès le 1 er avril, le jardin sera ouvert au public. Celui-ci pourra admirer, outre la collection botanique riche de plus de 2000 espèces originaires de tous les continents, l'aménagement du nouvel espace qui a permis notamment l'agrandissement de la collection d'euphorbes.
« Il est des jardins comme des légendes. Certaines se construisent dans l'inconscient des hommes. D'autres, élaborées par des êtres exceptionnels, racontent leur épopée au quotidien. Le jardin Delaselle s'inscrit dans cette logique », écrit Richard Reymann, administrateur du jardin, dans un guide consacré au lieu.
Une légende qui donne un sens à l'histoire, histoire également de celui qui, pressentant sa fin prochaine, écrivait « Je n'ai plus de famille » et qui reçoit aujourd'hui la visite de 30 000 personnes chaque année.


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