Le Conservatoire du littoral ne reviendra pas sur la démolition de la maison à Groix, située près de la côte, dans un vallon isolé. Photo archives Bernard Vanoni
Squattée depuis l'automne, une maison sur l'île de Groix, rachetée par le Conservatoire du littoral, est promise à la démolition. Des squatters s'y opposent et relancent le débat sur la crise sur logement sur les îles.
Une maison, face à la mer, dans l'un des plus beaux vallons de l'île: c'est le choix qu'avaient fait des squatters à l'automne dernier pour «passer l'hiver au chaud» sur Groix(56). Quelques jours avant la fin de la trêve hivernale (le 15mars), Yvon Keruschka, l'un des occupants du squat, sort du bois. Le Groisillon laisse entendre qu'ils ne se laisseront pas aisément déloger. Arguant depuis l'automne dernier que «faute de logements, on squatte», il veut désormais porter l'affaire sur la place publique. Une assemblée générale est organisée ce soir, à 21h. À l'ordre du jour: «Convaincre le conservatoire du littoral de céder la bâtisse à la commune ou à une association pour rendre l'endroit propre et autonome». À la mairie, on reste circonspect. «Cette affaire ne concerne que deux ou trois personnes qui ne représentent qu'elles-mêmes. On ne peut pas dire qu'ils se sont beaucoup démenés pour trouver un logement et un travail», tempère Claude Guiader, le premier adjoint groisillon qui reconnaît néanmoins les difficultés pour trouver un logement sur l'île. Un projet de logement social est bien en cours sur la zone de Kémitété. «Mais ce n'est pas pour demain», reconnaît l'élu qui fait écho aux derniers travaux de l'Association des îles du Ponant, réunie il y a quinze jours. «Les travaux coûtent 30 à 40% plus chers sur une île, explique Denis Paluel, le maire d'Ouessant et président de l'association. Aux coûts de construction, il faut rajouter les contraintes réglementaires sur le foncier et la flambée des prix. On doit faire face à une accumulation d'obstacles». Sur les quinze îles, une centaine de logements sociaux sont programmés jusqu'en 2012. «Il faut être patient. J'ai dû attendre neuf ans pour sortir de terre un programme de sept logements».
«La maison sera détruite»
À Groix, le Conservatoire du littoral considère que les squatters se trompent de cible: «Faire du logement social dans cette maison isolée serait une aberration économique et écologique. Il faut rendre le siteà la nature et la détruire». Quand? Sur la date, Denis Bredin, le délégué Bretagne de l'organisme, reste évasif. Il ne l'est pas, en revanche, sur le sort de la maison. «Elle sera détruite».
Régis Nescop, 9 mars 2011, cliquez sur le titre pour lire la source.


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