Des biologistes brestois lancent un appel aux acteurs de la vie maritime, professionnels, plaisanciers, plongeurs ou kayakistes pour les aider à repérer et à marquer, au large du Finistère, des requins pèlerins, une espèce menacée et très peu connue qu'ils étudient.
"On espère que les gens vont nous appeler directement en mer depuis leur portable ou leur radio", a déclaré Agathe Lefranc chargée de mission sur le requin pèlerin à l'Association pour l'étude et la conservation des sélaciens (APECS). Jeudi dernier, un plaisancier a signalé un grand mâle de 7 mètres de long qui nageait en surface au large de la pointe de Penmarch (Finistère sud). Une équipe de l'APECS a pu placer une balise sur son aileron qui va permettre de le suivre à la trace durant neuf mois. L'APECS dispose d'une autre balise qu'elle peut implanter, à condition de repérer un autre animal.
"On connaît mal les déplacements des requins pèlerins: si ils ont des chemins privilégiés en fonction de l'âge, du sexe ou des groupes", que l'on rencontre principalement en Bretagne et autours des île britanniques, a ajouté Agathe Lefranc. Ces grands requins, dont 13 individus ont été observés dans le Finistère sud depuis fin mars, sont totalement inoffensifs. Ils se nourrissent principalement de zooplanctons que l'on trouve ces derniers jours en mer d'Iroise en raison de la clémence du temps, a précisé la biologiste. Présent dans les eaux tempérées et froides des deux hémisphères, le requin pèlerin qui peut atteindre 12 mètres de long, est une "espèce menacée mais pas encore protégée", précise Agathe Lefranc.
Le plus grand poisson du monde après le requin baleine a été longtemps chassé au harpon, comme les baleines, au large des côtes bretonnes. Sa capture est interdite depuis 1990. Une première campagne de pose de balise a eu lieu en 2009 mais sur les trois équipements installés, deux s'étaient décrochés prématurément et le troisième au bout de 6 semaines.
"Les apparitions ne compensent plus les extinctions d'espèces"
par Elisabeth Jaskule, ingénieure agronome, directrice du développement urable de Sofiprotéol
«En tant que généticien, je considère la biodiversité comme le produit d’une évolution constante de chacune des populations. La génétique entraîne perpétuellement de la nouveauté, du fait des mutations, de la reproduction, de la sélection naturelle et d’autres forces évolutives, comme le hasard… Tout cela crée de la diversité. Mais je veux insister sur un point : depuis toujours, des nouvelles formes apparaissent et des formes disparaissent ; les extinctions ne sont pas en elles-mêmes des handicaps pour la biodiversité.
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mercredi 13 avril 2011
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