« Il lèvera la tête et sera sûr que c’est dans l’azur, parmi les étoiles et les vents (...) »
Jean-Joseph Rabearivelo
J’ai connu Nivo à la proclamation du premier Prix de l’Océan indien à St-Denis de La Réunion en 1999. Tout de suite c’est la passion qui l’animait qui m’a frappé. Elle m’a félicité ardemment puis prévenu sans ambages que j’allais devoir arracher et défendre mon entrée en littérature. Je n’ai pas tardé alors à comprendre qu’elle était une des seules dans le champ littéraire à ajouter de la valeur aux œuvres périphériques francophones, une littérature provenant de l’extérieur de la France mais qui dépend beaucoup des institutions culturelles françaises, pas très bien perçue dans son pays d’origine et inaperçue dans sa langue de destination.
Entre-temps, elle m’a offert son livre L’aube en maraude dans lequel elle se plaignait de la solitude et se demandait pourquoi entre Malgaches nous ne nous aimions pas un peu mieux que cela. Je n’ai pas compris. Nous l’aimons et la respectons. Et, par ailleurs, nous connaissons son mari Didier, sûr et solide. L’énergie ne lui manquait pas. Partout où Nivo allait, dans les universités, dans les salons littéraires, dans les débats publics, elle s’engageait et se mobilisait sur l’esthétique de nos productions et sur l’utilité d’une critique pour les accompagner. En ce qui me concerne, elle a toujours défendu mon travail et ses encouragements m’accompagnent dans l’écriture, me poussent à continuer malgré les aléas éditoriaux. Ma femme et moi, nous lui sommes très reconnaissants de nous avoir ouvert la porte du Salon du livre insulaire d’Ouessant, un ancrage important dans notre navigation.
La dernière fois, toujours à Ouessant, à la clôture du salon, je lui ai annoncé que mon roman Géotropiques, qu’elle avait défendu dans la revue Culture sud deux ans avant sa parution, avait finalement trouvé éditeur. Je me rappelle qu’elle a souri et on s’est dit à la prochaine, naturellement.
Depuis que la nouvelle est tombée, j’avais la tête prise non pas d’un tracas excessif (il n’y a plus rien à faire) mais d’un incommensurable vide. Nivo me précédait toujours et m’ouvrait les portes. Je me demandais alors en boucle comment elle pouvait être un phare et disparaître, sans trouver la réponse. Puis les vers de Rabearivelo qu’elle chérit me sont revenus ... Elle doit sourire de nos tentatives de paraître sûrs et solides.
Johary Ravaloson: Mercredi 06 avril 2011, cliquez sur le titre pour lire la source.
mercredi 6 avril 2011
In memoriam Nivoelisoa Galibert: Nous lui sommes très reconnaissants de nous avoir ouvert la porte du Salon du livre insulaire d’Ouessant.
Publié par
Andréas Guyot.
à l'adresse
6.4.11
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