dimanche 8 mai 2011

Les algues vertes reviennent plus tôt que prévu

Les algues vertes en baie de Douarnenez...Photo Vincent Mouchel
dimanche 08 mai 2011, cliquez sur le titre pour lire la source.

 Le beau temps a ses revers. Il a hâté leur retour. État des lieux des plages bretonnes confrontées à ces marées vertes qui s’en vont et qui reviennent.

À Lorient, ça pousse en silence
L’anse du Ter, nichée au fond de la rade de Lorient, face à la Cité de la voile, est très prisée des algues vertes. Année après année, depuis 2003, les ulves - ulva armoricana - y prolifèrent aux premières lumières du printemps. Un fait constaté par le Centre d’étude et de valorisation des algues de Pleubian (Côtes d’Armor), qui survole la zone une fois par mois, de la mi-avril à la mi-octobre.
En cause ? Principalement l’apport en azote, issu des activités agricoles des bassins versants du Scorff et du Blavet qui se jettent dans la rade de Lorient. L’anse du Ter est une grande vasière d’au moins 50 hectares à l’abri des tempêtes. Un site idéal pour l’algue verte. Mais certaines plages situées en sortie de rade ne sont pas toujours vides de traces vertes.

Côtes-d’Armor, la campagne de ramassage lancée…
Sur la Lieue de grève (Trédrez-Locquémeau, Saint-Michel-en-Grève, Tréduder et Plestin-les-Grèves), la campagne de ramassage a commencé il y a une semaine. Et, hasard du calendrier, les premiers échouages ont eu lieu le week-end dernier. Lannion-Trégor agglomération, la collectivité qui pilote le ramassage, n’a pas communiqué les chiffres des volumes.
Les algues se concentrent surtout du côté de Plestin-les-Grèves en quantité assez importante, notamment à l’embouchure du Yar. « Vendredi 29 avril, il y a eu un échouage important. Après, ça a diminué, détaille Lannion-Trégor agglomération. Le matelas d’algues n’est pas très épais et il est très étalé. » Le Trégor reste la partie du littoral costarmoricain la plus touchée. En baie de Saint-Brieuc, des échouages ont eu lieu cette fin de semaine à Bréhec, Binic. « Mais dans des quantités réduites », indique la préfecture.

Le retour en baie de Douarnenez
Les algues vertes sont de retour à Douarnenez. 500 m3 d’algues vertes jonchaient la plage du Ris, mercredi. Même spectacle sur la plage de Trezmalouen à Kerlaz, une commune voisine. Une chance, elles avaient disparu le lendemain. Simple répit. Tout le monde sait qu’elles sont toujours dans la baie.
« On voit bien, c’est épais, noir, sous les vagues », raconte un des marins qui disputent en ce moment le Grand prix de Douarnenez. Les algues embêtent les navigateurs. Elles ont même bloqué le moteur du bateau du sponsor de la course, Christian Guyader, hier.
Les élus font face à un dilemme cornélien. L’aire de stockage, d’une capacité de 4 000 tonnes, est trop petite. Si les algues sont ramassées maintenant, elle sera saturée cet été et les plages devront être fermées en pleine saison touristique. Les élus envisagent donc plutôt de fermer les plages ces temps-ci… si les algues reviennent. « Et elles reviendront, il n’y a pas de mystère », soupire Michel Kervaloen, le maire de Kerlaz.

Toujours dans le Finistère, les plages de Concarneau et de la Forêt-Fouesnant sont épargnées, pour le moment, par la marée verte. « Les services techniques de la ville contrôlent systématiquement l’état des plages, hiver comme été, assure le maire de la Forêt-Fouesnant, Raymond Pérès. En cas de vent de sud-ouest, c’est la plage de Kerleven qui est touchée. Si c’est du sud-est, c’est celle du Cap Coz. L’an dernier, la collecte nous a coûté 50 000 €, et, l’année d’avant, le double. » À Concarneau aussi, les plages sont propres.
À l’autre bout du département du Finistère, au fond de la baie de Locquirec, un secteur parmi les plus sensibles du Pays de Morlaix, les échouages restent très modérés