Le Conquet avait des airs de plateau télé, hier soir. Les Marins d'Iroise tournaient leur clip, avec «Santiano». Photo Eugène Le Droff
«J'aimerais bien faire un CD avec vous». Les Marinsd'Iroise, groupe polyphonique, né sur les quais lors de Brest 92 et, à l'époque, sans prétention, en sont restés sans voix. La proposition, honnête, est venue d'Universal, incontournable maison de disque. TF1 va en faire son clip de l'été, tourné hier, au Conquet.
Sur la digue du port conquetois, ils sont là, 30 choristes, prêts à chanter, face aux caméras. À l'arrière-plan, la mer d'Iroise. Ses îles, Beniget, Molène, Ouessant... Couleur locale, le tableau est parfait. Dans une tenue au code étudié, un pantalon rouge - pas rouille -, la traditionnelle marinière Armor-Lux et les chaussures bateau bleues, ils louent, en play-back, «Amsterdam». Un autre port de pêche que Brel a canonisé par le chant. «Les Marins d'Iroise», groupe polyphonique à quatre voix d'hommes, doit son destin nouveau - qui lui échappe un peu -, à son talent et à un enchaînement de circonstances improbables. Olivier Nusse, directeur de Mercury, pilier d'Universal, première major musicale, va souvent à Londres.
René Mandon - dit Lomic -, président des «Marins d'Iroise», raconte: «Alors qu'il se promenait en Cornouailles (en Angleterre), il est "tombé" sur un groupe polyphonique.Il lui a proposé de faire un CD.Le groupe a accepté. DominiqueGau, directeur artistique d'Universal, s'est chargé du projet. Ça a marché». Si le monde musical tourne rond, il est aussi tout petit: et, c'est à la mode, nombre de ses chemins mènent à la Bretagne. Olivier Nusse est originaire de Perros-Guirec(22). Dominique Gau, de Lorient. Le second travaillait alors avec Nolwenn Leroy - dont le succès spectaculaire de «Bretonne» est patent-, et avec ChristopheMiossec.
«Miossec a dit: "C'est bon, j'ai trouvéle groupe". Il a téléphoné à Universal»
À Miossec, il a demandé: «Dis, tu ne veux pas nous trouver un groupe de chants de marins?». L'idée fait son chemin. «Un jour, Christophe déjeune avec Jacques Quillien, maire adjoint du quartier des Quatre-Moulins, à Brest. Mon ami d'enfance», souligne Lomic. «Tu ne connais pas un groupe de chants de marins?, demande Miossec. Si, lui répond Jacques. Tu as les meilleurs du coin: "Les Marins de l'Iroise"».
Miossec ne connaissait pas trop. «Il est venu nous écouter, à Plouzané (29), en répétition. Deux fois. Puis il a dit: "C'est bon, j'ai trouvé le groupe". Il a téléphoné à Universal». Universal, à son tour, se déplace pour entendre «Les Marins» chantants que coache René Abjean, chef de choeur. Une émanation de la chorale de l'Iroise. «C'est vraiment ça qu'il nous faut, nous assure-t-on. Et c'est parti pour l'aventure... Universal! Vous imaginez les moyens qu'ils ont?». Le CD, finalisé dans un studio à Londres, comptera 15 ou 16 titres. Il sera dans les bacs le 27juin. «Après, il y aura la promotion, la tournée de concerts de septembre à octobre. Et on ne sait pas tout», s'amuse René. «Ils ne nous en disent pas trop. Parfois, j'apprends que nous chanterons à tel ou tel endroit par le journal. Mais je sais d'où ça vient...».
«Donc, si ça marche comme Nolwenn, c'est bon...»
Inspirée, sans doute, par la performance de «Bretonne», la télévision les sollicite aussi. France 3, d'abord. «Laurent Boyer nous a invités dans son émission, à Vannes. Nous avons chanté en direct. Stressés, ça se voyait», témoigne Ti'Mich. «Ça change la vie». Autre coup de pouce: TF1 a choisi pour clip de l'été celui des «Marins de l'Iroise».
Tourné en deux temps: hier, au Conquet et aujourd'hui, sur La Recouvrance, dans l'anse de l'Auberlac'h, à Plougastel-Daoulas (29). «Universal voulait une digue, des maisons anciennes, de vieux intérieurs, des pêcheurs. Nous avons pensé au Conquet. Ce n'est pas trop loin de Brest. Mais nous tenions aussi à chanter sur La Recouvrance». Les Marins de l'Iroise écument les quais de la région depuis bientôt vingtans. Ils y interpréteront l'autre chanson du clip, Santiano, d'Hugues Auffray. Ont-ils bien négocié leur cachet? «On a un contrat. Ce sera fonction de la vente de CD». Lomic calcule en plaisantant: «Donc, si ça marche comme Nolwenn, c'est bon...».
Karine Joncqueur, 5 mai 2011. du Télégramme.


1 commentaires:
Je me suis rendu à Ouessant, pour la première fois en novembre 1961. Depuis, je suis devenu un fils d'Ouessant. Mon fils Raphaël y a été baptisé....sa marraine est ouessantine. Bernard Ticoz, son épouse, Michelle je l'ai connu petite fille, Annie et Jean Fournier à Cadoran.. Rudy Stempel.... Je me suis battu pour dégager l'épave de L'Olympic Bravery.. je me suis battu à Paris pour débloquer les fonds permettant la construction de la grande digue du Stiff.
A Ouessant, ou on y arrive le matin.. et on repars le soir.. ou on n'en repart jamais. Je suis de ceux là. Bernard Bessière
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