vendredi 24 juin 2011

Bara-Mann. L'armement condamné à 150.000€ d'amende

24 juin 2011, cliquez sur le titre pour lire la source.
Le 11 février 2010, deux marins du chalutier Bara-Mann disparaissaient en mer. L'armement a été condamné, hier, à 150.000 € d'amende. Le non-port du VFI était au coeur de l'affaire.

Le tribunal correctionnel de Quimper a condamné, hier, l'armement bigouden à 150.000 € d'amende pour homicide involontaire dans le cadre du travail. Le patron du Bara-Mann a, lui, été relaxé de la prévention d'homicide involontaire. Reconnu coupable de non-port d'équipement de protection individuelle, il est condamné à 800 € d'amende.
Le 11 février 2010, deux marins du chalutier guilviniste avaient disparu, après être tombés à l'eau. Ils ne portaient par de VFI (vêtement de travail à flottabilité intégrée). L'entreprise devra verser près de 186.000 € de dommages et intérêts aux familles des deux marins. Bruno Nédélec était tombé à l'eau alors qu'il travaillait à l'arrière du bateau. Il avait été percuté par un panneau et déséquilibré. Malgré la réaction rapide de l'équipage, il n'avait pas été en mesure de saisir l'échelle de coupée qui lui était présentée, s'affaiblissant rapidement dans une eau à 8°C. Une situation qui avait conduit Stéphane Le Page à sauter à la mer pour tenter de le secourir. En vain. Les deux marins, qui ne portaient pas leur VFI, n'avaient pu remonter à bord, lâchant prise rapidement. Leurs corps n'ont jamais été retrouvés malgré l'important dispositif de recherche déployé au large d'Ouessant.
Lors de l'audience du 21 avril, Me Didier Le Bihan, l'avocat du patron du chalutier, avait plaidé la relaxe, considérant que «la démonstration que le défaut de port du VFI soit la cause du décès, n'est pas faite». Il a été entendu.

Les formations sécurité obligatoires depuis
Le tribunal est malgré tout entré en voie de condamnation pour le non-respect du port du VFI, obligatoire. Mais il a également considéré, dans son jugement, que les marins ne disposaient pas d'une «formation à la sécurité permettant une réaction plus appropriée», comme l'avait souligné le procureur dans ses réquisitions. Cette formation n'existait pas à l'époque du drame, n'avait pas manqué de rappeler Me Jean-François Moalic, l'avocat de l'armement. Hier, il n'excluait pas de faire appel. Depuis le drame, cette formation a vu le jour.
  • Jean Le Borgne