vendredi 17 juin 2011
Ile de Sein. Une concession minière dans les dunes de Kafarnao
Par décret publié au Journal officiel, la société des Sabliers de l'Odet vient d'obtenir un titre minier pour l'extraction de sable coquillier au sud-ouest de l'île de Sein. Des études d'impact sont encore nécessaires pour l'exploitation réelle des dunes de Kafarnao.
À la demande du ministère de l'Économie, le conseil de gestion du Parc naturel marin d'Iroise (PNMI) avait émis en septembre2008 un avis favorable à la concession minière déposée par les Sabliers de l'Odet, lors d'un vote ayant obtenu 31 voix pour, sept contre et deux abstentions.
«65.000t maximum par an pendant dix ans» Demandée pour 20 ans, la «concession de Kafarnao» vient d'être accordée par décret paru au JO du 22mai pour une durée de dix ans, dans un quadrilatère de 1,04km². Et pour un volume annuel d'extraction de 65.000m³ maximum de ce sable utilisé pour «l'amendement des sols, la nutrition animale des porcs et volailles». Cela ne veut cependant pas dire que l'exploitation va pouvoir débuter immédiatement. Le titre minier, comme l'avait d'ailleurs demandé le Parc marin, est assorti d'études complémentaires préalables à l'extraction. Notamment la présentation d'une «étude d'impact approfondie».
«Les études sont en cours...»
«Nous repartons maintenant dans le même processus que la concession mais à présent sur les modalités, le Parc marin devra se prononcer de nouveau», commente Éric Montfort des Sabliers de l'Odet installés sur le port du Corniguel, à Quimper. «Les études sont en cours. Nous pensons pouvoir déposer notre dossier à la fin de l'année. Dans cette perspective, l'exploitation pourrait débuter en 2013-2014» précise-t-il. Dossier sensible. Le sable coquillier des bancs de Kafarnao a déjà fait l'objet d'une exploitation par les Sabliers de l'Odet à la fin des années 80 jusqu'à il y a deux ans. Comme pour le maërl des Glénan dont l'extraction, non renouvelée, vient de s'achever cette année, la réglementation a changé aussi pour les coquilles brisées de Kafarnao amenées par les courants. Le cadre juridique des «autorisations annuelles provisoires» délivrées par la préfecture est désormais supplanté par l'obligation d'obtenir un titre minier. Comme à terre. Et si le sable coquillier de Sein n'est pas le maërl des Glénan, se posent des questions sur l'écosystème, sur les conséquences éventuelles pour l'île.
Kafarnao: «Le premier rempart de Sein...»
«Je n'ai qu'à me féliciter du Parc naturel d'Iroise mais s'il veut être cohérent, il doit être logique», avance le maire de Sein réaffirmant, hier, son opposition à la concession. Pour Jean-Pierre Kerloc'h, «les dunes de Kafarnao sont en effet le premier rempart de l'île, elles la protègent de la houle qui vient du large, de l'érosion»: «Pourquoi détruire des dunes magnifiques dans le seul but de faire durcir des coquilles d'oeufs, il existe des solutions alternatives».
«Une nurserie...»
L'élu et le comité local des pêches d'Audierne se retrouvent sur un autre point: «C'est une zone très importante pour la pêche, pour le port d'Audierne, c'est une nurserie». «À sa création, nous avions demandé que le parc marin d'Iroise agrandisse ses limites vers le Sud pour préserver Kafarnao», rappelle Rolland Gargadennec, président du comité local des pêches d'Audierne. «Avant l'autorisation était de 18.000m³, l'extraction réelle de 10.000m³. Une autorisation de 65.000m³, cela nous fait peur, on ne sait pas les conséquences», ajoute-t-il, également inquiet sur les méthodes d'extraction.
Nouveau débat au Parc marin d'Iroise
«Le volume autorisé ne sera peut-être pas atteint, une extraction raisonnable peut se faire», anticipe Éric Montfort. C'est dire si les études à venir sont très attendues. La concession minière de Kafarnao a été le premier avis conforme, c'est-à-dire suivi obligatoirement, qu'a dû donner en 2008 le jeune Parc marin national d'Iroise créé un an plus tôt. De nouveau, c'est là que se débattront l'exploitation ou non, les volumes réels autorisés et les conditions.
Jacky Hamard du Télégramme, cliquez sur le titre pour lire la source.
Publié par
Andréas Guyot.
à l'adresse
17.6.11
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