En visite à Crozon (Finistère), Nicolas Sarkozy a abordé la question des phares. « On va demander au Conservatoire du littoral de développer sa compétence autour des phares » a dit le président de la République. Une soixantaine serait ainsi confiée à cet organisme normalement dédié à l’achat et à la protection d'espaces naturels du littoral. Le sujet était latent depuis deux ou trois ans.
Présent à Crozon, Jérôme Bignon, président du Conservatoire du littoral a pris acte. Toutefois, il a précisé que « le Conservatoire n’a pas vocation à être constructeur de phares ».
D’après une information dévoilée par les Echos, cette mission pourrait être en partie financée par une taxation différente des plaisanciers à l’achat de bateaux, selon qu’ils sont plus ou moins polluants. Ainsi, la taxe annuelle de francisation serait plus chère pour un scooter des mers que pour un voilier.
« État désastreux » selon la CGT
La plupart des 150 phares en France sont plus ou moins centenaires. C’est à la fin du XIXe que s’était généralisée la signalisation maritime à l’approche des côtes. L’entretien coûte cher. Leur utilité n’est pas tout à fait remise en question. Malgré les moyens de navigation par satellite, l’administration des Phares et balises assure que les marins ont toujours besoin des phares. Toutefois, ils ne sont devenus qu’un élément de positionnement parmi d’autres. Leur intérêt a glissé ces dernières années de la sécurité au patrimoine et à l’emblème régional, surtout dans une région comme la Bretagne. Avec l’automatisation, en 20 ans, tous les gardiens ont mis sac à terre. La CGT des Phares et balises s’est affolée récemment de « l’état désastreux » des phares en mer. Ceux-là ne semblent d’ailleurs pas concernés par les transferts. Leur maintenance est trop coûteuse et compliquée à mettre en œuvre. Ils sont impossibles à valoriser auprès des visiteurs.
L’an dernier, l’Etat avait proposé de céder 44 phares bretons à des collectivités ou associations. La même année, quatorze phares ont été classés monuments historiques, ce qui laisse supposer un soutien à venir du ministère de la culture.
D’une manière générale, l’administration des Phares et balises, rattachée au ministère de l’écologie, ne cache pas être en quête de financements : « Pour le volet patrimonial, on recherche des partenaires » disait le mois dernier René-Henri Milin, responsable ouest des équipements, à l’occasion du centenaire de la Jument au large d’Ouessant. Autrement dit, les Phares et balises restent responsables des feux et signaux. Les bâtiments eux seront de plus en plus pris en charge par des collectivités ou le Conservatoire. Avec à la clé : des visites, des gites, des sites d'exposition...


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