dimanche 31 juillet 2011

De l'Enfer au Purgatoire, la vie de Jean Malgorn, gardien de phare

vendredi 29 juillet 2011, cliquez sur le titre pour lire la source.


Une conférence passionnante dans laquelle Jean Malgorn a raconté avec humour son métier de gardien « à l'ancienne », qu'il a exercé avec passion.
Rencontre:
Jean Malgorn détient le record de longévité des gardiens de phare en pleine mer : 39 ans ! Mais comme il le précise « ce n'est pas un métier, c'est une passion ». Une passion affirmée par ce natif d'Ouessant, dès son plus jeune âge.
Il a donc passé le concours de gardien de phare après une formation d'électricien-mécanicien, indispensable pour réparer d'éventuelles avaries de feu.
En 1976, il est nommé gardien au phare de la Jument. Il y passera dix ans. Puis c'est le phare de l'Ile Vierge, pendant vingt-neuf ans, jusqu'à sa retraite, en 2005. Toute une vie de gardien dont témoignait mardi soir Jean Malgorn, au musée des Goémoniers, devant une salle comble.
39 ans de veille
Près de quarante années au service des phares et une particularité : Jean Malgorn n'a connu que les phares de pleine mer, car les phares à terre (assimiliés à des « Paradis ») ne l'ont jamais tenté. Lui préférait « L'Enfer », à la Jument, avec ses relèves épiques et ultra-dangereuses, ou le « Purgatoire » de l'Ile Vierge.
Enfer ou purgatoire, ça ressemble à quoi le quotidien du gardien de phare ? Avant l'électrification des feux, lorsque ceux-ci fonctionnaient à la vapeur de pétrole, il fallait monter deux fois par jour en haut du phare pour allumer les feux.
Il y a également les longs quarts de veille durant lesquels le gardien surveille en permanence le feu de son phare et ceux des bouées alentours pour signaler la moindre anomalie au Cross Corsen. Il surveille également la mer, même si « selon l'administration, les gardiens sont là pour éclairer la mer, et pas pour sauver des gens ».
Fins cuisiniers
Pendant les quinze à vingt jours au phare, en attendant la relève, il faut s'occuper, « sinon, on devient fou ». Il y a l'entretien du phare, les cuivres à astiquer et les escaliers à balayer. Les gardiens se mitonnent également de bons petits plats : « Nous sommes de fins cuisiniers et de bons hommes de ménage, et par conséquent des époux parfaits » commente avec humour Jean Malgorn. Dommage que les épouses, à terre, n'aient guère le temps de profiter de leurs qualités domestiques !
Sur l'Ile Vierge, Jean a cultivé des moutons... et il ne s'est jamais senti seul. Tous les dimanches, des pêcheurs locaux débarquaient sur l'île avec un homard, du pain frais et le journal. Une attention très appréciée de l'ancien gardien, qui garde aujourd'hui une certaine nostalgie de sa vie perchée.
Désormais, il va presque chaque jour contempler son ancien phare. Depuis la côte.