vendredi 22 juillet 2011

Hénaff ressort une boîte... de sardines !

Pour les nostalgiques, Loïc Hénaff ressort la boîte de sardines des années 1920 qui a, elle aussi, contribué au renom de la marque.© Ouest-France
 
Les entreprises de la région. Pour les amateurs, ce sera le collector de l'été. Loïc Hénaff produit les mêmes boîtes que son arrière-grand-père. Et ce n'est pas du pâté, mais un tirage très limité.
On en trouve dans toutes les puces et brocantes du Finistère : de belles vieilles boîtes de sardines Hénaff... mais vides ! Sous la marque Hénaff, Madéo ou Notre-Dame-de-Penhors, elles n'ont jamais été serties, mais pillées dans l'ancienne conserverie d'Audierne. Aujourd'hui, elles ressortent. Et bien pleines cette fois !
Créée par l'arrière-grand-père Jean, en 1907, l'entreprise familiale Hénaff a d'abord été une conserverie de petits pois et de haricots verts. En 1917, son fils a racheté la conserverie de poissons Saupiquet d'Audierne : à côté de Plouhinec, elle a produit des milliers de boîtes de thons, maquereaux et sardines.
« Mais, tout comme les légumes, c'était une activité extrêmement saisonnière, cantonnée à juin, juillet et août », explique Loïc Hénaff, jeune directeur marketing et ventes. C'est contre cette saisonnalité, que la famille se lance alors, « un peu par hasard », dans la conserve de pâté. Et c'est cette activité secondaire qui a fait la fortune de l'entreprise et la renommée mondiale de la petite boîte ronde, « Hénaff, le pâté du mataff... »
Comme en 1920
Les trois activités - légumes, pâté, poissons - ont été menées de front. Jusqu'en 1970, date à laquelle la conserverie d'Audierne ferme. Hénaff se concentre sur son seul pâté, à Pouldreuzic. Et la vieille usine d'Audierne est alors en proie aux squatters. Pillée. Ses milliers de boîtes vides se vendent aux puces aux nostalgiques de la marque.
Cette tradition familiale est restée dans le souvenir de tous. Dont celle de Per-Iann Fournier, cousin de Loïc, qui tient l'épicerie fine du port de commerce de Brest. Loïc a fini « par céder »... sous son amicale pression et celle de Jacques Gonidec, le conserveur de Concarneau, qui a l'habitude de réaliser des séries limitées pour les Fêtes maritimes de Douarnenez, etc. Dans les ateliers Gonidec, une série limitée de 3 000 boîtes de sardines Hénaff vient d'être réalisée ces jours-ci. Avec le même décor que celui des années 1920.
Ces très bonnes sardines de garde, à l'huile d'olive vierge extra, ne seront disponibles que chez Per-Iann, à Brest, et au magasin de l'usine, à Pouldreuzic. Une production aussi confidentielle, « ce n'est pas du business. Mais un clin d'oeil festif. On s'est amusé ! Ça fait du bien à la marque. Et ça ravira ses fidèles. » Ce qui n'exclut pas de renouveler l'opération de manière pérenne. « Pourquoi pas ? », répond Loïc, qui n'exclut rien.
Mais, « si nous devions nous relancer dans les conserves de sardines et de légumes, ce serait du haut de gamme, en y mettant notre savoir-faire, avec une recette très précise. » Et la boucle de cette longue histoire familiale serait alors bouclée.
Christophe VIOLETTE.

Hénaff : 215 salariés, Pouldreuzic, Finistère, un chiffre d'affaires de 40,6 millions d'euros