26 février 2012 à 14h32, cliquez sur le titre pour lire la source.
Le comité de défense des usagers d'Ouessant durcit le ton. Dès ce lundi et pour une semaine, il entend bloquer l'avion qui relie Brest à l'île pour protester contre la menace d'allègement qui pèse sur la ligne.
Pour lutter contre un "déficit chronique" de la ligne, le conseil général avait en effet annoncé un "allègement" de la desserte à compter du 5 avril: l'avion du dimanche sera supprimé et la ligne sera suspendue un mois en été et une semaine en janvier durant l'arrêt technique de l'avion. objectif : réduire de 30% un déficit estimé à 850.000 €. Ce que confirmait jeudi dernier Pierre Maille [Video]. "La gêne occasionnée aux usagers de l'avion sera la même que celle ressentie lors de l'arrêt de la ligne pendant une semaine en janvier et quatre semaines l'été", explique le comité qui invite la population à manifester le samedi 3 mars à l'arrivée du bateau.
Elus et usagers ouessantins estiment quant à eux que le maintien d'un avion quotidien est un "facteur d'aménagement du territoire". [Le point de vue du maire d'Ouessant]
La compagnie maritime Penn ar Bed, sera le seul lien, vers l'ile d'Ouessant, durant toute cette semaine. Renseignements et réservations des billets : 02.98.80.80.80.
http://www.pennarbed.fr/


1 commentaires:
La suppression de la desserte aérienne quotidienne sur la semaine et biquotidienne sur l’année met l’Île d’Ouessant dans une position sanitaire dangereuse et gravement inégalitaire. Une médecine à deux vitesses est ainsi institutionnalisée. Aux nantis, la capacité d’avoir un pied à terre ou un hôtel sur Brest et de consacrer 48h à une consultation et/ou des examens spécialisés, sur le continent. Aux défavorisés, le renoncement aux soins. Et qu’on ne me chante pas qu’il y a l’hélicoptère ! La médecine n’est pas que d’urgence ! La maladie n’est pas qu’accidentelle et momentanée. Sans compter les jours de travail perdus. Car tous les malades ne sont pas retraités ou en longue maladie.
Que va-t-il se passer ? La nécessité de recevoir en hospitalisation longue des chimiothérapies ou des radiothérapies qui pourraient se faire en ambulatoire, par exemple. L’impossibilité d’hospitalisation de jour ou de chirurgie ambulatoire. Qui va payer les journées indues d’hospitalisations supplémentaires? Qui va mesurer le coût moral d’être éloigné des siens, de son logis pendant des jours et des jours, alors que l’état psychologique a une si grande importance dans les pathologies longues ou chroniques ; dans les suites opératoires ? A quand une salle spéciale à Morvan ou à la Cavale Blanche pour recevoir les Ouessantins, exilés de force, du moment qu’ils sont malades. Qui va mesurer la privation de visites. Qui va chiffrer la nécessité pour les parents d’être hébergés pendant l’hospitalisation de leur enfant ?
Quant aux médicaments et aux prélèvements biologiques, ils ne peuvent s’envoyer ni par fax ni par mail. Et les délais d’acheminement conditionnent pour beaucoup la fiabilité des résultats.
L’avion est d’abord une navette sanitaire et non un joujou pour touristes pressés. Encore moins un caprice d’îliens. Je m’insurge contre cette mesure qui est non seulement une fausse économie mais encore une offense au bon sens et à l’esprit républicain qui se doit de rechercher et sauvegarder l’égalité de tous les citoyens sur le territoire.
Dr Aline VECCHIALI
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