samedi 9 août 2014

Secouru en pleine mer, il pensait rejoindre le phare à la nage.


Fin juillet, un touriste a été secouru alors qu'il tentait de rallier le phare le plus occidental de France, au large d'Ouessant. Au milieu des courants.

L'histoire

« Si je n'étais pas venu le récupérer, il aurait dérivé jusqu'en Angleterre ! » Le 26 juillet, depuis son semi-rigide, Vincent Faillard n'en croit pas ses yeux. En pleine mer d'Iroise, à quelques encablures de l'île d'Ouessant, là où l'on trouve les eaux parmi les plus dangereuses d'Europe, il aperçoit « un truc qui se déplace en surface, plein ouest en direction du large ». Après avoir cru à un phoque, il se rend compte qu'il a bien affaire à un... nageur !
« Il évoluait sur le dos, en combinaison, en direction de Nividic. » Nividic, un phare niché sur un rocher du même nom, le point le plus à l'Ouest de la France métropolitaine. Un endroit particulièrement dangereux : même en bateau, la force du courant s'y fait sentir. Alors à la nage... « Il n'avait pas de bouée, aucune signalisation à plus de 300 m de la côte, au milieu des courants de montante ! », n'en revient toujours pas Vincent Faillard.

« Complètement inconscient »

Sans hésiter, il se rapproche à trente mètres du nageur. « Avec mes deux amis, on lui a indiqué qu'il était complètement inconscient de nager sans aucune signalisation ». Réponse de l'intéressé : un simple sourire et une royale indifférence. Sauf que quelques minutes plus tard, la situation change radicalement. Le nageur se retrouve alors confronté aux fameux courants.
« Il était à plus de 500 m et commençait à faire de grands gestes, se rappelle Vincent Faillard. Il s'était fait embarquer dans un fleuve de courant qui l'envoyait inexorablement plein nord. » Cette fois, pas question de rester sans agir. Vincent Faillard relance son semi-rigide vers le nageur en détresse, pour le sauver.

« Je pensais rejoindre le phare à la nage »

L'opération se déroule sans problème, mais le sauveteur n'était pas au bout de ses surprises. Le dialogue avec le naufragé donne à peu près ceci : « Vous faisiez quoi là ? » « Je pensais rejoindre le phare à la nage... » « Vous savez que les courants du secteur sont parmi les plus puissants d'Europe ? « Je m'en rends compte... » « Si je n'étais pas venu vous récupérer, vous partiez pour l'Angleterre... Montez à bord, je vous ramène sur la terre ferme. »
Grand seigneur, ou peut-être pour éviter que l'inconscient nageur ne retente l'expérience, Vincent Faillard lui fait faire le tour de Nividic avant de le ramener à Ouessant. Là où l'homme secouru avait visité le musée des phares et balises du Créac'h. Et découvert l'existence de Nividic...

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