mardi 26 août 2014

Un 16e Salon du livre « de transition »

Écrivains venus en résidence, Laure Morali et Alexis Gloaguen ont revisité leurs livres respectifs, « Comment va le monde avec toi » et « La Chambre de veille », sur l'un des lieux qui les ont inspirés : le phare du Créac'h. Une baladee littéraire très appréciée, qui, déclinée sous différents angles, pourrait devenir l'un des points forts des prochains salons. | 
http://www.ouest-france.fr/un-16e-salon-du-livre-de-transition-2778884

Plus modeste et moins fournie que les années précédentes, l'édition 2014 du Salon annonce des changements dans la formule.

En étant consacré, pour sa 16e édition, aux « îles qui apparaissent et disparaissent », le Salon du livre insulaire proposait un thème qui lui correspondait curieusement. En arrivant sur les lieux, on pouvait en effet se demander où avait donc disparu ce rendez-vous littéraire.
Replié sur la petite salle polyvalente, au lieu de l'habituelle grande salle omnisports, le Salon se poursuivait sous un barnum, où campaient quelques auteurs, un peu désemparés par ce changement inattendu, et surtout inquiets d'être invisibles aux yeux du public.
Pilier du Salon, Jean-Yves Cozan avait, d'emblée, prévenu : « Vous allez voir, cette année, on s'est reconcentrés sur la création littéraire. » Sa fille, Isabelle Le Bal, fondatrice du Salon, confirmait : « C'est une année de transition, on cherche et on teste de nouvelles formules, comme les lectures croisées, les balades avec les écrivains... »
« Les premières rides »
Il n'empêche, le contraste se révélait étonnant, comparé aux éditions précédentes : pas de joyeux repas pris en commun et préparés par de sympathiques bénévoles ouessantins, très peu d'éditeurs présents, pas d'écrivains venus d'îles lointaines et la plupart des auteurs primés absents.
« La situation s'est dégradée, les petites maisons d'édition insulaire souffrent énormément, beaucoup ont disparu, commente l'écrivain Yves Goulm, ancien membre du jury.Et puis, en 16 ans, c'est normal que ce salon connaisse des crises de croissance ou prenne ses premières rides. L'essentiel est qu'il va perdurer, peut-être sous de nouvelles formes. »
Ce que confirme Joël Richard, président de l'association Cali, l'association Culture, arts et lettres des îles : « Le Salon est une formidable possibilité d'ouverture. Même les Ouessantins qui ne le fréquentent pas spécialement le comptent comme une manifestation phare de leur île. Son avenir se trouve dans son prolongement, tout au long de l'année : les résidences d'écrivains, les rencontres, sa revue... »
Certains visiteurs du Salon, comme Isabelle Colombel, venue expressément d'Ille-et-Vilaine, n'ont pas tari d'éloges : « Frustrée par le festival Étonnants Voyageurs, devenue une trop grosse machine, j'ai adoré le Salon de Ouessant, sa proximité avec les auteurs, sa sélection, pointue, sur la littérature insulaire et l'ouverture qu'il procure aussi sur l'île, dont on a envie de profiter. »
« Une aura particulière »
Même enthousiasme pour Jean-Ludovic Fenech, un fidèle, venu spécialement du Sud de la France : « J'ai vraiment fait de très belles rencontres à Ouessant. Certains écrivains sont devenus de grands amis. Et j'y ai trouvé l'opportunité à de très beaux voyages. »
« C'est un salon singulier, original, qui possède une aura particulière, conclue Bernard Berrou, qui a reçu le Grand prix des îles du Ponant 2014, avec Irlande The West. Ses ramifications sont innombrables. Certaines sont même encore insoupçonnables. Mais il est sûr qu'il a contribué à la reconnaissance de la littérature insulaire. »

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