samedi 27 septembre 2014

Dernier voyage entre Gijon et Saint-Nazaire par l'autoroute de la mer ?


GLDA, la filiale du groupe Louis-Dreyfus Armateurs qui gère la ligne maritime Saint-Nazaire / Gijon va suspendre ses trois allers-retours hebdomadaires à partir de mercredi dans l’attente du résultat des discussions entamées avec la France et l’Espagne. Les deux Etats ont versé 15 millions d’euros chacun à l’opérateur depuis septembre 2010. Ils s’étaient engagés à l’époque à le subventionner pendant quatre ans. Celui-ci a également reçu quatre millions d’euros d’aides de la Commission européenne.
"Il y a quatre ans, nous espérions que les coûts des transports routier et maritime allaient converger", explique Christophe Santoni, directeur général de GLDA. "Or, ce n’est pas le cas : le recours massif aux chauffeurs des pays de l’Est a fait baisser ceux de la route, tandis que nos frais portuaires et d’équipage ont continué d’augmenter."
Une suspension de cette liaison maritime, pourtant, elle avait été lancée il y a quatre ans pour désengorger le trafic routier. C'était à l'époque un principe de la Politique commune des transports de l'Union européenne mettant en avant l'importance du transport maritime.
"Il nous faut trouver une solution pérenne" 
La liaison, dont les ferries sont remplis à 75%, a pourtant séduit quelque 20.000 camions par an qui ne transitent plus par les cols pyrénéens. Elle a également transporté 25.000 voitures Renault fabriquées en Espagne, ainsi que 50.000 passagers, dont 35.000 touristes.
"La ligne rencontre un succès commercial important : les transporteurs routiers, qui avaient un a priori négatif au départ, se sont finalement ralliés à notre cause", convient Christophe Santoni."Plutôt que de stationner sur un parking pour respecter leurs temps de repos réglementaires, ils dorment au chaud dans une cabine, tout en continuant d’avancer."
Reste que les prix de la navette devraient être augmentés de 60% si la fin des aides publiques était entérinée, explique-t-on chez Louis-Dreyfus Armateurs.
Le groupe, qui dit avoir dépensé 100 millions d’euros en quatre ans sur cette ligne, a besoin de six à sept millions d’euros de subventions par an pour équilibrer ses comptes.
Programmes "inéfficaces"
L'activité commerciale est donc pour l'instant suspendue, "le temps pour notre compagnie d’examiner les conditions de reprise du service" indique l’armateur LD Lines sur son site web.
Il y a un an, la cour des comptes de l’Union européenne avait montré du doigt le programme Marco Polo qui vise à subventionner le développement des projets permettant un transfert du fret routier vers la mer. Dans un rapport, la Cour des comptes européenne avaient jugé ces programmes "inefficaces".
La liaison Saint-Nazaire-Gijón est menacée alors qu’une seconde autoroute de la mer, entre Saint-Nazaire et Vigo, est dans les cartons, avec un autre opérateur. Trois escales sont envisagées.

Aucun commentaire: