mardi 14 octobre 2014

Îles. Elles risquent l'isolement faute d'argent public

Le coup de colère des Groisillons pose le problème de l'aménagement du territoire en période de disette financière

Une délégation d'habitants de l'île de Groix, Belle Île, Houat, Hoedic et de parlementaires du Morbihan va être reçue, ce mardi, par un conseiller technique du secrétaire d'État aux Transports, à la Mer et à la Pêche. Ils vont plaider la cause de leur desserte maritime et du maintien des conditions tarifaires. Le dialogue risque d'être compliqué puisque l'État a décentralisé la compétence de liaisons maritimes aux départements.
« Il s'agit pourtant en premier lieu d'un problème d'aménagement du territoire », explique Denis Palluel, président de l'association des îles du Ponant. « À 36 € l'aller-retour en haute saison, c'est intenable pour une famille. » Comme beaucoup d'opposants aux nouveaux tarifs, il redoute leur effet repoussoir, « avec des conséquences économiques graves pour l'île ».

Rationalisation

Le cas de Groix n'est cependant pas isolé. Déjà en 2012, l'association avait voté une motion à l'unanimité pour réclamer l'amélioration des liaisons avec Ouessant, Molène et Sein. « Leur contrat desserte doit être renouvelé en 2016. Je crains que les mêmes causes ne produisent les mêmes effets. Aujourd'hui, à l'exception du vendredi, on ne peut pas faire un aller-retour dans la journée. Ce n'est pas acceptable. »
Le président du conseil général du Morbihan, François Goulard (UMP), assure que l'effort du département « ne sera pas réduit », mais sans aucune aide de l'État ou d'autres collectivités, a-t-il souligné. Une situation qui pourrait évoluer. Selon le projet de loi de décentralisation qui prévoit la disparition d'un certain nombre de départements, la gestion de ce dossier pourrait bien revenir aux Régions.
Le conseil régional de Bretagne dit aujourd'hui « ne pas être directement concerné par le dossier de Groix », ce n'est sans doute que partie remise. Il n'échappera pas alors au besoin de mener une réflexion de fonds sur les questions d'aménagement du territoire et de possibilités budgétaires.
Les différentes expériences des collectivités territoriales en matière de liaisons maritimes ne sont guère probantes. Le cas le plus flagrant étant celui des rotations de la SNCM avec la Corse qui virent au désastre économique et social. La Seine-Maritime a aussi fait la cruelle expérience sur le transmanche, tandis que le département de la Manche tient à bout de bras des relations nautiques avec les Anglo-normandes.
Concernant les îles bretonnes, certains estiment aujourd'hui que des états généraux des îles sont nécessaires pour remettre à plat les délégations de services publics. « On n'échappera pas à la rationalisation », commente un observateur attentif du dossier. En négociant de manière plus sévère les conditions d'intervention de l'argent public ?

1 commentaire:

Jean-Jacques Quinquis a dit…

bonjour,

j'ai procédé à une analyse du rapport de la chambre régionale des comptes de bretagne relatif à l'intervention du conseil général du finistère au profit des transports vers les îles, rapport qui a déclenché ces polémiques dans notre département et risque de conduire à des décisions de même nature que celles envisagées dans le morbihan.
il en ressort en particulier que les insulaires et demi-insulaires sont légitimes à exiger des tarifs réduits, parce qu'usagers fréquents de ces transports, et par souci d'équité.
Je tiens cette analyse à la disposition des internautes qui le souhaiteraient, sur le site d'Andréas s'il l'accepte.
Je tiens cependant à souligner la continuité du soutien du conseil général dans son rôle de soutien aux populations insulaires, tout en suggérant des améliorations qui ne mettraient sans doute pas en péril les finances publiques.
La chambre n'est jamais qu'une assemblée de magistrats, qui fait elle aussi son travail, mais dans un cadre dont il convient de relativiser la portée.