mardi 12 mai 2015

Roman. L'île d'Ouessant perd le nord

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Ouessant, au large de la Bretagne, est un petit monde à elle toute seule. Jean-Luc Coatalem en a fait le cadre d'un roman ébouriffant.

Il va s'en passer des choses, sur ces quelques km2 battus par les flots et les vents. En seulement quelques jours, Ouessant perd la tête.
Une journaliste espagnole, venue réaliser un reportage sur un mariage célébré selon les bonnes manières druidiques, a disparu. Juste avant, elle est tombée juste avant dans les bras d'un ingénieur d'un groupe de cosmétiques venu vérifier la qualité incomparable du miel produit sur l'île. Tandis qu'un chanteur qui a conservé un carré d'irréductibles groupies n'a plus qu'une partition à y jouer, celle de la star déclinante.
Et puis, il y a cette pluie et ce vent qui s'insinuent dans les esprits. Le microcosme ouessantin est parfois un cocon douillet et protecteur. On s'y sent au chaud face aux tumultes du monde. Mais cette fois, l'île devient une sorte de bateau ivre. La belle Espagnole reste introuvable. Le chanteur déjanté continue à faire des siennes. Et la gendarmerie doit arriver.

Une vieille légende surgie du fond des mers

Finalement, les seuls qui semblent garder leur calme, ce sont des Japonais débarqués sur Ouessant comme sur la planète Mars. Ils n'y comprennent rien. Et les seules choses qui les intéressent, ce sont les petites fleurs et les insectes.
Sur le rocher qui ne retrouve plus son cap au milieu du « chaudron des vagues », plus rien n'est d'équerre. C'est aussi la tempête dans les têtes. Plutôt que de livrer une solution cartésienne à toutes ces énigmes qui s'entrechoquent, Jean-Luc Coatalem lâche la bride à son imagination. Et donne aussi de la place à une vieille légende surgie du fond des mers.
On traîne volontiers dans les recoins de cette île dont on devine que l'auteur a arpenté tous les chemins. Comme il croque à merveille, au fil de ses chapitres incisifs, la mentalité des habitants d'Ouessant. Mine de rien, il connaît tout son petit monde. Fortune de mer est un roman qui décoiffe. Comme les jours de grand vent à Ouessant.
Jean-Luc Coatlem, Fortune de merStock, 173 pages.

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