dimanche 7 août 2016

Abeille noire. Un essaim d'apiculteurs sur l'île

Jeudi et vendredi derniers, Gilles Lanio et Loïc Leray, président et vice-président de l'Unaf (Union nationale de l'apiculture française), ainsi qu'Henri Clément, apiculteur en Loire-Atlantique, étaient au Conservatoire de l'abeille noire afin d'aider à la récolte et de soutenir le conservatoire. « Des conservatoires qui ont cette qualité, cette rigueur, il y en a très peu ».

Ouessant : le village gaulois


La santé des abeilles dépend de l'environnement dans lequel elles évoluent. Exempte du varroa et des pesticides liés à l'agriculture intensive, Ouessant présente ces conditions exceptionnelles. « C'est incroyable ! Nous retrouvons l'apiculture que nous connaissions avant 1995 sur le continent », se sont exclamés les trois apiculteurs. « On donnerait beaucoup pour avoir les mêmes rendements qu'ici », ajoutent-ils. Et les apiculteurs de s'étonner que le conservatoire dispose de plusieurs reines de plus de 6 ans, une longévité qui n'existe plus sur le continent. « Aujourd'hui, le nom d'Ouessant est connu dans le monde entier au niveau apicole », confirme Loïc Leray. Avec l'île de la Réunion, c'est le seul lieu en France qui n'a pas été pollué.
 Protéger l'île est donc un enjeu majeur et tous y ont intérêt : les abeilles bien sûr, les scientifiques qui les étudient, mais aussi les apiculteurs de l'île qui bénéficient de la réputation exceptionnelle du miel d'Ouessant. Il y a, en France, 60.000 apiculteurs, dont 3.000 ou 4.000 seulement sont des professionnels. « On a besoin de ce réseau de petits apiculteurs. S'ils n'étaient pas là, on aurait des déserts au niveau de la pollinisation et on serait en pénurie d'abeilles domestiques depuis longtemps ».

« Nous voulons un texte protecteur, pas de l'argent »


Pour l'instant, les demandes de protection restent lettre morte. « On nous écoute, on nous invite dans le bureau de l'actuel ministre de l'Agriculture, mais sans résultat, on nous dit que les lobbies sont trop puissants », regrette Gilles Lanio. « C'est un texte protecteur que nous demandons, pas de l'argent », déplore le président de l'Unaf. Et il faut faire vite car l'équilibre de l'île est fragile. Le milieu de l'apiculture est heureusement un milieu de passionnés et les efforts se poursuivent. Une récente étude de la Commission européenne portant sur ce qui pouvait mettre l'humain en péril a identifié, en premier lieu, deux facteurs : la disparition du plancton et celle des abeilles. Gageons que l'Unaf sera entendue des politiques.
© Le Télégramme http://www.letelegramme.fr/finistere/ile-douessant/abeille-noire-un-essaim-d-apiculteurs-sur-l-ile-07-08-2016-11173639.php#thvLid1MZKyAfG6e.99

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