lundi 5 septembre 2016

Abeille noire. Inquiétude sur les colonies

C'est un coup dur pour l'écosystème des abeilles noires, qui avaient trouvé un véritable sanctuaire sur l'île. Ces dernières semaines, plusieurs foyers de loque américaine, une maladie bactérienne réputée contagieuse, ont en effet été découverts dans deux élevages, à Ouessant. Jusqu'à présent, les colonies de l'île étaient préservées des taux de mortalités extrêmement forts relevés ces dernières années sur le continent. La présence de loque américaine, qui peut avoir de graves conséquences sur le rendement et la population des colonies, a justifié l'organisation d'une réunion sur la situation apicole de l'île, mardi. Une réunion présidée par le sous-préfet de Brest, en présence, notamment, des services vétérinaires de la direction départementale de la protection des populations.

Maladie fortement contagieuse


« Il ne s'agit pas d'un virus importé du continent, comme celui de la varroase, dont nous sommes toujours préservés, précise Denis Palluel, maire d'Ouessant. Les spores de cette maladie sont présentes de longue date sur l'île, mais étaient restées en sommeil. » Pourquoi la maladie s'est-elle subitement déclarée ? « Il y a plusieurs hypothèses. Notamment celle d'un système immunitaire des abeilles moins fort qu'auparavant, dû au manque global de pollen, car il n'y a jamais eu autant de colonies sur l'île », expose un apiculteur.
 L'homme souhaite conserver l'anonymat, ce qui illustre les tensions actuelles sur cette question. « Bien sûr que nous sommes inquiets. Vu la taille de l'île, ça pourrait proliférer rapidement ».

Mesures administratives


C'est l'enjeu des mesures qui ont été prises lors de la réunion de mardi. Premier effet de cette situation, toute exportation de rûcher depuis l'île vers le continent est interdite jusqu'à nouvel ordre. Une mesure qui pourrait être levée « à la suite de nouvelles visites prévues en début d'automne, puis au printemps 2017, afin de vérifier l'absence de ruches contaminées », indique la sous-préfecture. En attendant, la priorité est de traiter les ruches infectées. Deux cas de figure sont possibles : l'asphyxie des abeilles si la colonie est trop touchée, ou le transvasement des abeilles dans une nouvelle ruche si l'infection est encore minime. Surtout, les apiculteurs ont été appelés à appliquer un « code de bonnes pratiques sanitaires » assez contraignant, imposant notamment de désinfecter le matériel avant d'entrer dans chaque ruche. Les apiculteurs de l'île ont accepté le principe d'une visite vétérinaire annuelle de l'ensemble des ruchers et de la mise en place de formations sanitaires permettant d'améliorer leurs pratiques. « Si tout le monde fait preuve de rigueur, il n'y a pas de raison de s'inquiéter outre mesure, veut ainsi croire Denis Palluel. Ouessant reste le conservatoire de l'abeille noire, préservée des maladies du continent ».

© Le Télégramme http://www.letelegramme.fr/finistere/ile-douessant/abeille-noire-inquietude-sur-les-colonies-02-09-2016-11201842.php#IrIYlPwEpXRT5My3.99

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