samedi 26 novembre 2016

l’expérience d’un paysan de l’île de Groix

http://www.ouest-france.fr/bretagne/ouessant-29242/ouessant-agriculture-l-experience-d-un-paysan-de-l-ile-de-groix-4636335
Sabine NICLOT-BARON.

Pour lancer une dynamique agricole sur l’île d'Ouessant, la commune a fait appel au Pôle développement du Parc naturel régional d’Armorique (Ouest-France des 29-30 octobre 2016).

Point de vue

L'agriculture insulaire, voilà une problématique que connaissent bien Jean-Philippe et Marie-Louise Turlin, un couple d’agriculteurs installé depuis quatre ans sur l’île de Groix, dans le Morbihan et qui souhaite faire part de son point de vue.Ainsi, Jean-Philippe Turlin estime que « sans subventions, les exploitations agricoles des îles ne sont pas viables ». Il cite des « coûts de transport importants », notamment pour se fournir en engrais biologiques, « l’approvisionnement en goémon étant interdite » pour ne pas déstabiliser le milieu.
Côté maraîchage, les mentalités ont du mal à évoluer. « Le consommateur veut toujours de « beaux » légumes, et pas de légumes petits et difformes… » Le marché local est un débouché intéressant, mais uniquement l’été, du 15 juin au 1er septembre, en période touristique. « L’hiver, la seule manière de s’en sortir est de passer une voiture et d’aller vendre en direct sa production sur les marchés du continent. » Et pourtant, l’île morbihannaise compte 2 233 habitants à l’année. Il n’y en a que 877 à Ouessant (recensement 2013).

Problème de rentabilité

Sur l’île de Groix, l’essentiel de la production est cultivé sous serre ou entourée de grillages afin de se préserver des lapins… Lesquels, en l’absence de prédateurs, « occasionnent de gros dégâts sur les cultures ». « Or, pour être efficace sur le paysage, l’agriculteur doit cultiver des surfaces importantes », commente Jean-Philippe Turlin.Pour lui, « l’élevage peut être une solution, mais il est nécessaire d’avoir un bâtiment pour le foin et les animaux, surtout s’il s’agit de moutons. Un label et un abattoir sont un plus, comme à Belle Île. » Une île beaucoup plus grande qui compte 27 agriculteurs.
Enfin, pour que cela se passe bien à Ouessant, il estime qu’il ne faudra pas minimiser les problèmes. « En 2016, à Groix, trois agriculteurs sur les sept installés, ont arrêté leur activité. Il y a deux nouveaux projets d’installation, mais cela montre bien les difficultés de pérenniser une activité dans une île, alors que les subventions sont sans cesse rognées ou supprimées… »

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