dimanche 2 juillet 2017

Évolution des paysages et occupation humaine en mer d’Iroise du Néolithique à l’Âge du Bronze.

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Résumés

Depuis près de dix ans, des recherches archéologiques sont menées dans l’archipel de Molène par une équipe pluridisciplinaire. Ce secteur s’avère particulièrement riche en vestiges du Néolithique et de l’Âge du Bronze. Une concentration exceptionnelle de monuments mégalithiques y a été mise en évidence. Plusieurs habitats sont attestés par la présence d’un bâtiment (Beg ar Loued, Molène) ou de dépotoirs domestiques riches en faune et en mobilier. Ces données nous renseignent sur la chronologie des occupations du secteur et nous permettent, pour la première fois en Bretagne, d’esquisser le mode de vie des hommes de la Préhistoire récente. Afin de pousser plus loin la réflexion, il nous a paru nécessaire de mieux comprendre l’évolution de l’environnement en contexte insulaire, par de nouvelles recherches sur les variations du niveau marin corrélées à l’étude du paysage végétal, de la géomorphologie et de la faune.
Les résultats issus des reconstitutions paléogéographiques montrent que l’archipel était déjà constitué au Néolithique moyen II, déconnecté du continent par le chenal du Four dont la traversée nécessitait l’utilisation d’embarcations. Très bien conservés, les monuments mégalithiques de l’archipel sont donc le fait de populations insulaires ayant fréquentées l’archipel sur une longue période, débutant dès le milieu du ve et jalonnant les iveiiive et iie millénaires avant J.-C. La répartition des sépultures mégalithiques reflète des stratégies d’implantations qui répondent à des choix culturels et à des contraintes naturelles, sur un territoire soumis à un morcellement progressif du fait des dynamiques érosives qui accompagnent la remontée du niveau marin. Durant tout le Néolithique et l’Âge du Bronze, l’isolement géographique n’a cessé de s’accroître, sans donner lieu pour autant à des particularismes culturels marqués, les innovations techniques et artistiques de cette époque ayant pénétré au sein des sociétés insulaires. Néanmoins, l’éloignement croissant des îles a encouragé la recherche de moyens de subsistance basés sur l’exploitation intense des ressources littorales, à travers la collecte de coquillages et de crustacés, la pratique de la pêche et de la chasse côtière. Tournées vers la mer, ces populations n’ont pas négligé les ressources qu’offraient les zones terrestres, comme en témoigne la précocité des pratiques agropastorales dans l’archipel.

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